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FIFA : Pourquoi l’UEFA met la pression ? (Nazim Bessol)

Malgré la reculade de Gianni Infantino face à la levée de boucliers de l’UEFA contre son très controversé projet de privatisation de la Coupe du monde, l’instance européenne ne désarme pas. Elle continue d’accentuer la pression, et l’hypothèse d’une destitution est désormais évoquée avec insistance, selon The Telegraph. L’Italo-Suisse, qui a succédé à Sepp Blatter en 2016, est désormais menacé de poursuites judiciaires par l’UEFA, présidée par le Slovène Aleksander Čeferin. Ce dernier semble déterminé à aller au bout de sa démarche et à obtenir le départ de Gianni Infantino avant le prochain Congrès électif prévu en mars 2027 au Maroc.

Selon l’instance européenne, le président de la FIFA doit choisir entre une démission volontaire ou un vote de défiance, conformément aux dispositions de l’article 25 du règlement juridique de la FIFA. Celui-ci stipule que «le Conseil de la FIFA doit convoquer un Congrès extraordinaire lorsqu’un cinquième (1/5) des associations membres en fait la demande écrite», soit, dans les faits, 43 fédérations. Un seuil
que l’UEFA, forte de ses 55 membres unis, dépasse largement.

Une fois la demande formulée, les textes prévoient un délai de trois mois pour la tenue du Congrès, avec un vote des 211 fédérations membres de la FIFA. Le président est alors contraint de démissionner si une majorité simple (plus de 50 % des suffrages valablement exprimés), soit au moins 106 voix, se prononce en faveur de la motion.

Pour l’heure, seule la Confédération africaine de football (CAF), qui regroupe 54 pays, ainsi que les membres africains du Conseil de la FIFA – à leur tête le président de la CAF, Patrice Motsepe, et le Marocain Faouzi Lekjaâ – continuent de soutenir Gianni Infantino. Ils ont rendu publique une lettre de soutien saluant notamment «sa sagesse» après le retrait du très contesté projet FIFA Forward Enterprise.

Un appui toutefois jugé insuffisant, d’autant que rien ne garantit que l’Afrique votera en bloc, contrairement à l’UEFA (55 membres), à l’AFC (47) ou encore à la CONCACAF (41), réputées pour leur discipline collective. Plusieurs voix s’élèvent désormais pour réclamer un sursaut africain et dénoncer une forme de vassalisation du continent.

Si l’UEFA met autant d’énergie à tenter de renverser le président de la FIFA avant mars 2027, c’est précisément pour éviter un vote lors du Congrès prévu au Maroc. Le choix de ce pays n’est pas anodin pour Gianni Infantino, qui ambitionne de briguer un nouveau mandat en terrain favorable, «chez lui au Maroc», comme il aime à le répéter.

Le président de la FIFA pourrait en effet compter sur le soutien des autorités marocaines pour sécuriser l’organisation et le bon déroulement du scrutin, notamment sur le plan de ce qui est communément appelé «la logistique» lorsqu’il s’agira de convaincre les délégués les plus vénaux très tard dans la nuit. Même en cas de candidature concurrente, il bénéficierait donc d’un avantage certain.

De son côté, le Maroc aurait tout intérêt à maintenir Gianni Infantino en poste afin de s’assurer de son appui dans la bataille pour l’organisation de la finale de la Coupe du monde 2030. L’attribution de cette rencontre prestigieuse oppose notamment le royaume à l’Espagne, championne du monde en
titre, dans un duel où Rabat a déjà mobilisé d’importants moyens, notamment en faisant appel à l’agence Havas pour soutenir son lobbying.
– NAZIM BESSOL

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Source originale: www.footafrique.com →